Yashirojima – La forêt des rêves perdus

Yashirojima – La forêt des rêves perdus

Synopsis

De nos jours, un jeune garçon parti jouer dans la forêt s’endort au pied d’un arbre. Sous la protection du dieu renard, ses rêves l’emmènent loin dans le temps, à la découverte de ses vies antérieures. Les dieux du rêve mettent ce dernier, jadis samurai, en face des massacres qu’il a commis, plus tard tatoueur, il vivra l’omerta post Seconde Guerre mondiale et la mise au ban de cet art subtil. Petit à petit, ce sont l’histoire et la culture du Japon qui se présentent au lecteur, par l’entremise de plusieurs clins d’œil qui raviront les initiés sans intriguer outre mesure les lecteurs lambda comme, par exemple, le jeu avec les pièces de shogi.

INFOS

Édité par @vegalivres
One-shot
Manga 𝗞𝗮𝗲𝗿𝘂 𝗨𝘁𝗮𝗴𝗮𝘄𝗮
Prix du tome : 16€

Mon avis

Yuta est un jeune garçon qui joue à la balle avec son chien Biro, à proximité de la maison de son grand-père. Écoutant ce dernier d’une oreille distraite, il décide de partir chasser un vilain esprit ressemblant à un tapir (aussi appelé Baku) dans la forêt voisine. Au cours de sa poursuite, il s’endort subitement au pied d’un arbre et commence à faire d’étranges rêves… Des rêves qui ressemblent à d’éventuelles vies antérieures qu’il aurait pu vivre !
 
Dans le premier, Yuta devient René, un jeune garçon à qui l’on offre une estampe représentant une renarde vêtue de blanc. Lorsqu’il s’endort, il rêve d’une vie adulte dans laquelle il visite le Japon, mais un renard tente d’usurper son apparence pour obtenir les faveurs de la guide…
 
Dans le second rêve, il est dans la peau d’un tatoueur qui vivra l’omerta post Seconde Guerre mondiale. Une période compliquée, car son seul désir est d’exercer son art, chose qui lui est quasiment impossible en raison des restrictions et des tabous de l’époque.
 
Enfin, le dernier rêve le plonge dans la peau d’un samouraï qui, après s’être fait seppuku, se voit tourmenté par un esprit remettant en question son code de l’honneur, lui faisant revivre ses massacres passés.
 
Bien que brièvement résumés, chacun de ces rêves ou « chapitres » met en lumière le folklore japonais, revisité à travers la plume de l’auteur. L’histoire trouve une conclusion, même si ce one-shot aurait aussi pu être perçu comme un recueil de nouvelles folkloriques sans liens apparents, si ce n’est ceux des rêves. L’auteur détaille d’ailleurs son point de vue à travers quelques lignes à la fin de chaque chapitre, un ajout appréciable qui permet de mieux saisir le message derrière chaque histoire. La dernière, en particulier, se révèle la plus violente, mais aussi la plus marquante sur le plan émotionnel.
 
Le format choisi pour l’édition est agréable en main et confortable à la lecture. Le style graphique, résolument old-school, colle parfaitement à l’ambiance du récit, qui revisite différentes époques. On aurait cependant pu s’attendre à un niveau de détail plus poussé dans certaines planches.

conclusion

𝗞𝗮𝗲𝗿𝘂 𝗨𝘁𝗮𝗴𝗮𝘄𝗮 revisite à sa manière le folklore japonais au travers de 𝐘𝐚𝐬𝐡𝐢𝐫𝐨𝐣𝐢𝐦𝐚 – 𝐋𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐞̂𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞̂𝐯𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐮𝐬. Si la lecture reste plaisante, le format proche d’un recueil d’histoires courtes rend les deux premiers rêves légèrement frustrants : le premier manque clairement de détails, tandis que le second propose une fin un peu abrupte. Le troisième et dernier rêve est sans conteste le plus percutant, jouant avec la corde sensible de l’émotion. On apprécie également les explications de l’auteur à la fin de chaque chapitre, permettant de mieux comprendre la portée de son récit. Un titre qui devrait séduire les amateurs de folklore japonais ainsi que ceux en quête d’une lecture sortant des sentiers battus !

Shaddeii
shaddeiimanga@gmail.com


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