
14 Juin Le poison dans nos veines
Le poison dans nos veines
Dans ce spin-off de l’univers de Ma senpai est un homme, découvrez le passé de Nikola et Morgan.
C’est l’histoire d’une jeune fille clamant qu’elle est un garçon, dans un cadre familial marqué par les violences physiques et verbales d’un père.
INFOS
Mangaka : Jellexia.H
En auto-édition
Série 🇫🇷 : Terminée (1 tome)
Prix : 15€
Âge conseillé : 14+
MON RÉSUMÉ
Tout commence avec une petite fille consolée par sa mère, enceinte de son petit frère, après que son père l’ait battue.
Pourtant sa mère est encore persuadée que son père l’aime malgré tout.
Cet enfant est convaincue du contraire et clame qu’elle n’est pas une fille !
Et cette conviction, loin de s’être amoindrie avec les années, n’a fait que croître en grandissant :
❝ Malheureussement, je ne suis que moi… Je déteste mon corps, je déteste le regard qu’on me porte, je déteste jusqu’à mon propre prénom. ❞
À cela vient s’ajouter le désir de protéger sa mère et son petit frère de celui qu’elle considère comme un “poison”.
MON AVIS
⚠️TW : violences intrafamiliales
Ce livret d’une soixantaine de pages est un spin-off s’inscrivant dans l’univers de Ma senpai est un homme. Il s’agit d’un préquel centré sur l’enfance de Nikola et Morgan, deux personnages emblématiques de la série principale, mais peut toutefois être lu indépendamment. Même en ayant lu le tome 1 de la série, il s’avère surprenant et contient plusieurs révélations essentielles pour mieux cerner les personnalités de ces deux frères.
La thématique centrale est la transidentité, puisque l’un des personnages né femme, s’identifie comme étant un homme et souhaite être reconnu comme tel. Le tout est abordé dans une atmosphère sombre, marquée par les violences intrafamiliales qu’elles soient verbales ou physiques.
La transidentité est encore très rarement abordée, et je trouve très intéressant de voir à quel point la désignation au féminin et même son propre prénom peuvent être des poids pour ce personnage. Un profond désir de reconnaissance l’anime afin que l’image qu’il renvoie corresponde enfin avec son moi intérieur.
Le titre prend tout son sens dès que l’on aperçoit le membre de la famille qui s’avère être le fameux “poison” circulant dans les “veines” de ses proches. Son mode de communication se résume à la violence et cet aspect est renforcée par son alcoolisme et son égocentrisme. J’aurais aimé que son côté toxique soit un peu plus développé, car si on l’entrevoit quelque peu dans la joute verbale finale, on ne retrouve pas forcément ce côté retors assez connu dans ce domaine qui consiste à alterner entre phase agressive et phase de victimisation pour obtenir le pardon et renforcer son emprise psychologique malsaine sur son entourage. La culpabilisation est une arme redoutable et peut avoir des conséquences catastrophiques pour les individus qui y sont exposés continuellement.
La morale de fin m’a interpellée, si dans les faits on ne ressent aucune empathie pour le personnage incarnant le “poison”, cette solution radicale est-elle la seule issue ? De plus, j’attendais un peu plus de cette dernière joute verbale, la narration aurait pu prendre un peu plus son temps pour aller au bout des choses. Idem pour la soudaine technique de magie utilisée par le protagoniste, pour laquelle on reste sans explication. En revanche, le bonus constitue un très joli épilogue et contient ce que tout enfant concerné par la transidentité aimerait entendre un jour de la part de ses parents :
❝ Je refuse que tu passes à côté de ta vie pour me préserver ! Tu es mon enfant chéri et je t’aimerai quelque soit ton nom ou ton genre. ❞
C’est donc un joli complément de la série principale. J’ai apprécié mieux connaitre Nikola et Morgan, ce qui m’a permis de m’y attacher davantage.













