Interview – Golden Goal

Interview – Golden Goal

1) Avant de parler de Golden Goal, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours respectif, pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

 

Guillaume Main: À la base, je suis scĂ©nariste. J’ai travaillĂ© sur pas mal de sĂ©ries tĂ©lĂ© et de films suisses. MalgrĂ© le fait que ce soit bien rĂ©munĂ©rĂ©, travailler pour ce type de mĂ©dia peut s’avĂ©rer frustrant : les dĂ©lais de production sont longs et les Ɠuvres mettent du temps Ă  sortir (voire ne sortent jamais).

Je me suis donc tournĂ© vers mon premier amour : le manga. Pouvoir en crĂ©er un Ă©tait un vĂ©ritable rĂȘve. Comme les Ă©ditions Paquet sont proches de chez moi, je suis allĂ© les rencontrer pour leur parler de Golden Goal. SĂ©duits par l’idĂ©e, ils m’ont prĂ©sentĂ© Weijun, et l’aventure a commencĂ©.  

 

Weijun Ni:  Je suis Chinois et je dessinais dĂ©jĂ  des manhua en Chine. Mais en 2024, j’ai rencontrĂ© Guillaume, et on a dĂ©cidĂ© de travailler ensemble. Pour moi, c’était une opportunitĂ© unique d’entrer sur le marchĂ© europĂ©en du manga.  

2) Du scĂ©nario Ă  la planche finale, comment s’organise votre collaboration sur Golden Goal ? Entre briefs, Ă©changes et retours, de quelle maniĂšre avez-vous trouvĂ© votre Ă©quilibre crĂ©atif ?

 

Guillaume Main: On veille chacun Ă  mettre notre ego de cĂŽtĂ©. Personnellement, je m’occupe d’écrire l’histoire et je propose un dĂ©coupage en dĂ©crivant ce que j’ai en tĂȘte, avec les dialogues. Ensuite, je laisse Weijun apporter sa patte graphique et son sens de la mise en scĂšne. Bien que cela diffĂšre rĂ©guliĂšrement de mon idĂ©e premiĂšre, nous validons trĂšs souvent les modifications apportĂ©es. Je tiens Ă  lui laisser sa libertĂ© crĂ©ative.


Weijun Ni: D’abord, je reçois le scĂ©nario de Guillaume, qui est toujours trĂšs dĂ©taillĂ© et inclut les dialogues. Je rĂ©alise ensuite un brouillon de chaque page que je lui envoie. S’il y a des choses Ă  modifier, je fais quelques ajustements. Puis je passe au dessin final. Notre collaboration se passe trĂšs bien pour le moment : on n’a pas beaucoup de changements Ă  faire.

3) À G. Main: Comment ton parcours cinĂ©ma/BD a-t-il enrichi ta vision du manga ? Et en quoi Golden Goal marque-t-il une nouvelle Ă©tape pour vous deux? 

 

Guillaume Main: J’ai pour habitude de dire : « qu’importe le mĂ©dium ». Que ce soit au cinĂ©ma, en BD ou en roman, on retrouve toujours certains principes dans l’écriture d’un scĂ©nario : la maniĂšre de travailler les personnages, leur background
 Pour moi, le manga ressemble beaucoup aux sĂ©ries, alors que la BD franco-belge s’apparenterait davantage Ă  un film.

 

Weijun Ni: En ce qui me concerne, c’est un manhua sur le football. Mais, comme vous le

savez, peut-ĂȘtre, les Chinois ne sont pas bons du tout au foot. Si je crĂ©e un

manhua sur le foot, cela pourra-t-il influencer positivement le football en Chine ?

4) À G. Main: Qu’est-ce qui vous a poussĂ© Ă  choisir NaĂŻm, un jeune hĂ©ros d’origine marocaine, comme personnage principal ? Était ce un choix symbolique ou une façon de vous dĂ©marquer dans le paysage du manga francophone ?

 

Guillaume Main: Pour commencer, je fais beaucoup de foot. C’est vrai que ce sport a un cĂŽtĂ© trĂšs multiculturel, et il Ă©tait important pour moi qu’il soit reprĂ©sentĂ© comme il l’est en France, dans la rĂ©alitĂ©. En plus de cela, le Maroc est un pays que j’adore : j’y voyage rĂ©guliĂšrement, et mon vĂ©cu lĂ -bas est pour moi une grande source d’inspiration. C’est comme ça que NĂŻam est nĂ©.

5) (À W. Ni) : En tant que dessinateur d’origine chinoise travaillant sur un manga francophone, avez-vous perçu Golden Goal comme un dĂ©fi personnel Ă  relever ou plutĂŽt comme l’occasion de montrer que ce mĂ©dia transcende les frontiĂšres culturelles ?   

Weijun Ni:   Oui, c’était un vrai dĂ©fi. Quand j’ai commencĂ©, j’étais un peu nerveux, mais finalement tout s’est trĂšs bien passĂ©. Ce projet m’a permis de progresser et de dĂ©couvrir un nouveau marchĂ©, trĂšs diffĂ©rent de celui en Chine. J’ai Ă©normĂ©ment appris sur le marchĂ© europĂ©en.

6) (À G. Main) Lors d’une prĂ©cĂ©dente interview accordĂ©e Ă  nos confrĂšres de ZOO le mag, vous Ă©voquiez votre souhait d’étendre Golden Goal sur 20 Ă  25 tomes. Le rĂ©cit est-il dĂ©jĂ  structurĂ© dans son ensemble ? Et si, malheureusement, la sĂ©rie ne rencontrait pas son public, avez-vous envisagĂ© une alternative narrative ou une fin anticipĂ©e ?

 

Guillaume Main: J’ai dĂ©coupĂ© mon histoire en cycle narratif dont le premier devrait ĂȘtre composĂ© de 10 tomes, j’ai d’ailleurs plusieurs aspect concernant le development de NaĂŻm, cependant la rĂ©alitĂ© reste Ă©conomique et nous pousse Ă  ĂȘtre prĂ©voyant et mĂȘme si le premier rencontre un certain succĂšs, si les ventes devaient chuter, nous adapteront la fin du 4Ăšme tome pour finir l’oeuvre de la meilleure maniĂšre possible. 

 

7) Comment dĂ©cririez vous votre complĂ©mentaritĂ© en tant que duo crĂ©atif ? Qu’est-ce que chacun apporte Ă  l’autre dans ce projet ?

 

Guillaume Main: Je pense que le fait que nous ne soyons pas sur le mĂȘme continent est une vraie richesse. Nos influences sont diffĂ©rentes : j’apporte ma vision europĂ©enne, voire française, et mĂȘme si, en tant que scĂ©nariste, je propose une idĂ©e rĂ©flĂ©chie et trĂšs structurĂ©e, je garde toujours l’esprit ouvert. Je profite ainsi des apports et de l’expĂ©rience de Weijun sur le plan graphique, car il parvient Ă  sublimer la reprĂ©sentation que je m’étais faite Ă  l’origine.

 

Weijun Ni: Je trouve que le rĂ©cit Ă©crit par Guillaume est trĂšs enthousiasmant. Pour moi, il apporte vraiment quelque chose qui manque souvent dans les manhua de sport. J’aime beaucoup le football, mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de dessiner sur cette thĂ©matique. Mon influence sur lui, je crois, c’est qu’il apprĂ©cie Ă©normĂ©ment mon dessin, et je pense que c’est un vrai point fort dans notre collaboration.

8) Y a-t-il une anecdote marquante ou amusante que vous aimeriez partager avec les lecteurs sur les coulisses de Golden Goal?

 

Guillaume Main: Je dirais la venue de Weijun en Europe, et plus prĂ©cisĂ©ment en Suisse puis en France. Lui faire dĂ©couvrir les spĂ©cialitĂ©s culinaires comme la fondue ou la raclette a Ă©tĂ© un vrai moment amusant. Il Ă©tait tellement surpris qu’il pensait mĂȘme que je lui faisais une blague !

 

Weijun Ni: Oui, en fait il y en a deux. La premiĂšre, c’est que je pensais que les EuropĂ©ens avaient tous un parapluie quand il pleuvait. J’avais donc dessinĂ© des scĂšnes de pluie avec plein de parapluies, mais apparemment, les EuropĂ©ens n’en utilisent pas si souvent que ça !

La deuxiùme, c’est qu’il y a un chien dans le manhua, un Rottweiler. Je ne connaissais pas du tout cette race avant de devoir la dessiner pour ce projet.  

9) Si vous étiez un animal, vous seriez quoi ? 

 

Guillaume Main: Je dirais un toucan : beau, exotique et coloré.

 

Weijun Ni: Je pourrais ĂȘtre un cheval, car j’adore pratiquer du sport. J’aime aussi courir un

peu partout. Donc, si je devais ĂȘtre un animal, ce serait le cheval.

L'équipe de gokuraku remercie infiniment

Guillaume Main et Weijun Ni de nous avoir accorder un peu de leur temps.

Japan Expo pour cette édition 

Monsieur.j.Sark pour son aide Ă  la rĂ©alisation de l’interview

Manga Dynasty – Axjl  pour la traduction: Chinois -> Français 

Univermalis
bennedjmasalim@gmail.com


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