
27 Sep Interview – Golden Goal

1) Avant de parler de Golden Goal, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours respectif, pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?
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– Guillaume Main: Ă la base, je suis scĂ©nariste. Jâai travaillĂ© sur pas mal de sĂ©ries tĂ©lĂ© et de films suisses. MalgrĂ© le fait que ce soit bien rĂ©munĂ©rĂ©, travailler pour ce type de mĂ©dia peut sâavĂ©rer frustrant : les dĂ©lais de production sont longs et les Ćuvres mettent du temps Ă sortir (voire ne sortent jamais).
Je me suis donc tournĂ© vers mon premier amour : le manga. Pouvoir en crĂ©er un Ă©tait un vĂ©ritable rĂȘve. Comme les Ă©ditions Paquet sont proches de chez moi, je suis allĂ© les rencontrer pour leur parler de Golden Goal. SĂ©duits par lâidĂ©e, ils mâont prĂ©sentĂ© Weijun, et lâaventure a commencĂ©. Â
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– Weijun Ni: Je suis Chinois et je dessinais dĂ©jĂ des manhua en Chine. Mais en 2024, jâai rencontrĂ© Guillaume, et on a dĂ©cidĂ© de travailler ensemble. Pour moi, câĂ©tait une opportunitĂ© unique dâentrer sur le marchĂ© europĂ©en du manga. Â
2) Du scĂ©nario Ă la planche finale, comment sâorganise votre collaboration sur Golden Goal ? Entre briefs, Ă©changes et retours, de quelle maniĂšre avez-vous trouvĂ© votre Ă©quilibre crĂ©atif ?
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– Guillaume Main: On veille chacun Ă mettre notre ego de cĂŽtĂ©. Personnellement, je mâoccupe dâĂ©crire lâhistoire et je propose un dĂ©coupage en dĂ©crivant ce que jâai en tĂȘte, avec les dialogues. Ensuite, je laisse Weijun apporter sa patte graphique et son sens de la mise en scĂšne. Bien que cela diffĂšre rĂ©guliĂšrement de mon idĂ©e premiĂšre, nous validons trĂšs souvent les modifications apportĂ©es. Je tiens Ă lui laisser sa libertĂ© crĂ©ative.
– Weijun Ni: Dâabord, je reçois le scĂ©nario de Guillaume, qui est toujours trĂšs dĂ©taillĂ© et inclut les dialogues. Je rĂ©alise ensuite un brouillon de chaque page que je lui envoie. Sâil y a des choses Ă modifier, je fais quelques ajustements. Puis je passe au dessin final. Notre collaboration se passe trĂšs bien pour le moment : on nâa pas beaucoup de changements Ă faire.
3) Ă G. Main: Comment ton parcours cinĂ©ma/BD a-t-il enrichi ta vision du manga ? Et en quoi Golden Goal marque-t-il une nouvelle Ă©tape pour vous deux?Â
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– Guillaume Main: Jâai pour habitude de dire : « quâimporte le mĂ©dium ». Que ce soit au cinĂ©ma, en BD ou en roman, on retrouve toujours certains principes dans lâĂ©criture dâun scĂ©nario : la maniĂšre de travailler les personnages, leur background⊠Pour moi, le manga ressemble beaucoup aux sĂ©ries, alors que la BD franco-belge sâapparenterait davantage Ă un film.
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– Weijun Ni: En ce qui me concerne, câest un manhua sur le football. Mais, comme vous le
savez, peut-ĂȘtre, les Chinois ne sont pas bons du tout au foot. Si je crĂ©e un
manhua sur le foot, cela pourra-t-il influencer positivement le football en Chine ?
4) Ă G. Main: Quâest-ce qui vous a poussĂ© Ă choisir NaĂŻm, un jeune hĂ©ros dâorigine marocaine, comme personnage principal ? Ătait ce un choix symbolique ou une façon de vous dĂ©marquer dans le paysage du manga francophone ?
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– Guillaume Main: Pour commencer, je fais beaucoup de foot. Câest vrai que ce sport a un cĂŽtĂ© trĂšs multiculturel, et il Ă©tait important pour moi quâil soit reprĂ©sentĂ© comme il lâest en France, dans la rĂ©alitĂ©. En plus de cela, le Maroc est un pays que jâadore : jây voyage rĂ©guliĂšrement, et mon vĂ©cu lĂ -bas est pour moi une grande source dâinspiration. Câest comme ça que NĂŻam est nĂ©.
5) (Ă W. Ni) : En tant que dessinateur dâorigine chinoise travaillant sur un manga francophone, avez-vous perçu Golden Goal comme un dĂ©fi personnel Ă relever ou plutĂŽt comme lâoccasion de montrer que ce mĂ©dia transcende les frontiĂšres culturelles ? Â
– Weijun Ni:  Oui, câĂ©tait un vrai dĂ©fi. Quand jâai commencĂ©, jâĂ©tais un peu nerveux, mais finalement tout sâest trĂšs bien passĂ©. Ce projet mâa permis de progresser et de dĂ©couvrir un nouveau marchĂ©, trĂšs diffĂ©rent de celui en Chine. Jâai Ă©normĂ©ment appris sur le marchĂ© europĂ©en.

6) (Ă G. Main) Lors dâune prĂ©cĂ©dente interview accordĂ©e Ă nos confrĂšres de ZOO le mag, vous Ă©voquiez votre souhait dâĂ©tendre Golden Goal sur 20 Ă 25 tomes. Le rĂ©cit est-il dĂ©jĂ structurĂ© dans son ensemble ? Et si, malheureusement, la sĂ©rie ne rencontrait pas son public, avez-vous envisagĂ© une alternative narrative ou une fin anticipĂ©e ?
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– Guillaume Main: J’ai dĂ©coupĂ© mon histoire en cycle narratif dont le premier devrait ĂȘtre composĂ© de 10 tomes, j’ai d’ailleurs plusieurs aspect concernant le development de NaĂŻm, cependant la rĂ©alitĂ© reste Ă©conomique et nous pousse Ă ĂȘtre prĂ©voyant et mĂȘme si le premier rencontre un certain succĂšs, si les ventes devaient chuter, nous adapteront la fin du 4Ăšme tome pour finir l’oeuvre de la meilleure maniĂšre possible.Â
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7) Comment dĂ©cririez vous votre complĂ©mentaritĂ© en tant que duo crĂ©atif ? Quâest-ce que chacun apporte Ă lâautre dans ce projet ?
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– Guillaume Main: Je pense que le fait que nous ne soyons pas sur le mĂȘme continent est une vraie richesse. Nos influences sont diffĂ©rentes : jâapporte ma vision europĂ©enne, voire française, et mĂȘme si, en tant que scĂ©nariste, je propose une idĂ©e rĂ©flĂ©chie et trĂšs structurĂ©e, je garde toujours lâesprit ouvert. Je profite ainsi des apports et de lâexpĂ©rience de Weijun sur le plan graphique, car il parvient Ă sublimer la reprĂ©sentation que je mâĂ©tais faite Ă lâorigine.
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– Weijun Ni: Je trouve que le rĂ©cit Ă©crit par Guillaume est trĂšs enthousiasmant. Pour moi, il apporte vraiment quelque chose qui manque souvent dans les manhua de sport. Jâaime beaucoup le football, mais je nâavais encore jamais eu lâoccasion de dessiner sur cette thĂ©matique. Mon influence sur lui, je crois, câest quâil apprĂ©cie Ă©normĂ©ment mon dessin, et je pense que câest un vrai point fort dans notre collaboration.
8) Y a-t-il une anecdote marquante ou amusante que vous aimeriez partager avec les lecteurs sur les coulisses de Golden Goal?
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– Guillaume Main: Je dirais la venue de Weijun en Europe, et plus prĂ©cisĂ©ment en Suisse puis en France. Lui faire dĂ©couvrir les spĂ©cialitĂ©s culinaires comme la fondue ou la raclette a Ă©tĂ© un vrai moment amusant. Il Ă©tait tellement surpris quâil pensait mĂȘme que je lui faisais une blague !
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– Weijun Ni: Oui, en fait il y en a deux. La premiĂšre, câest que je pensais que les EuropĂ©ens avaient tous un parapluie quand il pleuvait. Jâavais donc dessinĂ© des scĂšnes de pluie avec plein de parapluies, mais apparemment, les EuropĂ©ens nâen utilisent pas si souvent que ça !
La deuxiĂšme, câest quâil y a un chien dans le manhua, un Rottweiler. Je ne connaissais pas du tout cette race avant de devoir la dessiner pour ce projet. Â
9) Si vous Ă©tiez un animal, vous seriez quoi ?Â
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– Guillaume Main: Je dirais un toucan : beau, exotique et colorĂ©.
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