Gachiakuta vs Tougen Anki : les deux shōnen de l’été qui vont tout casser !

Gachiakuta vs Tougen Anki : les deux shōnen de l’été qui vont tout casser !

Les deux nouveaux animés, très attendus par les fans, sont sortis ce mois-ci sur plusieurs plateformes.

Mais quelle saison estivale de dingue ! Entre retours ultra-attendus (DanDaDan, My Dress-Up Darling, Sakamoto Days, Grand Blue Dreaming) et nouveautés prometteuses (The Summer Hikaru Died, Clevatess, Le pêché originel de Takopi, Lord of Mysteries), pas le temps de s’ennuyer dans le monde des animés. Et parmi cette vague de nouvelles pépites, deux projets ambitieux ont débarqués avec la ferme intention de se faire une place dans le cercle exigeant des shōnen : Gachiakuta et Tougen Anki. Mais que valent ces nouveaux venus dans la cour des grands ?

Gachiakuta ou l'art de trier les déchets

Gachiakuta est adapté du manga éponyme créé par Kei Urana en 2022. Devenu rapidement très populaire auprès des lecteurs, le manga prépublié dans le prestigieux Weekly Shōnen Magazine a déjà été récompensé et est souvent acclamé pour la qualité de son écriture, de son univers et pour son personnage principal. Son adaptation en animé est signée studio Bones (My Hero Academia, Mob Psycho 100, Fullmetal Alchemist Brotherhood).

Gachiakuta nous plonge dans le monde de Rudo, un jeune garçon qui vit entre la Cité céleste (une ville flottant remplie de beaux quartiers) et le Bas-monde, quartier insalubre où les habitants indésirables comme lui sont regroupés dans des bidonvilles. Accusé à tort du meurtre de son père adoptif, il est condamné et jeté dans la Fosse, véritable enfer rempli d’immondices et de créatures monstrueuses. Fou de rage et assoiffé de vengeance, il survit grâce à un mystérieux pouvoir logé dans ses gants et rejoint les Nettoyeurs avec la ferme intention de faire payer ceux qui l’ont condamné.

Dès les premiers épisodes, le spectateur est entièrement immergé dans l’univers sale et rempli d’immondices de l’œuvre. Les images, le design des personnages, mais aussi les couleurs contribuent à nous plonger dans le monde crasseux de Rudo. Avec l’arrivée du héros dans la Fosse et les montagnes de déchets à pertes de vue qui peuple la zone, on ressent toute la saleté ambiante de l’œuvre à travers l’écran (et quand on parle de saleté, regardez l’épisode 3, vous comprendrez à quel point l’animé ose tout, VRAIMENT TOUT).

Gachiakuta frappe aussi par son ton rude et impitoyable. La condition de Rudo puis l’injustice dont il est victime nous révoltent autant que lui. La trahison par son entourage et sa condamnation prend le spectateur aux tripes. Le pire, c’est que ce n’est rien comparé à ce qu’il va vivre ensuite dans la Fosse : Rudo en bave vraiment, il souffre, se fait humilier… Le spectateur est confronté à un monde impitoyable qui frappe de plein fouet, alors que ce ne sont que les premiers épisodes. Il se retrouve à être traversé par des émotions aussi fortes que celles du protagoniste, animé par une rage amplifiée par les dessins aux traits épais et bruts et les plans sur ses yeux.

La force de l’immersion de Gachiakuta ne s’arrête pas là : même les répliques des personnages sont grasses. Rudo n’est pas avare de mots vulgaires, ce qui amplifie à la fois le sentiment de colère mais aussi cet effet de crasse propre à l’univers. Même les remarques sur la puanteur de la Fosse nous plonge presque aussi dans la décharge avec Rudo.

Avec de premières séquences plus que marquantes et une capacité d’immersion incroyable, Gachiakuta est un animé ultra prometteur et réellement innovant qui a toutes ses chances de devenir un banger dans les prochains mois.

Tougen Anki : guerre de clan, guerre de sang

Tougen Anki – La Légende du sang maudit est un manga créé et illustré par Yura Urushibara. Publié depuis 2020, le manga rencontre rapidement un énorme succès avec des millions d’exemplaires vendus. L’adaptation de celui qu’on désigne comme le digne successeur de Jujutsu Kaisen est produite par le Studio Habari (Assassination Classroom, Toilet-Bound Hnako-kun, Classroom of The Elite).

Tougen Anki raconte l’histoire de Shiki, un adolescent rebelle qui voit sa vie basculer le jour où il apprend qu’il est en réalité un Oni (un démon chassé depuis des millénaires par les héritiers du héros Momotarô). Son père adoptif, un ancien membre des Momotarô qui a tout quitté pour l’élever, est assassiné sous ses yeux par son ancien partenaire. Recruté par le clan Oni, Shiki se retrouve alors mêlé à une guerre sanglante et sans merci entre les agences Oni et Momotarô. Le jeune héros va devoir s’entraîner et maîtriser son propre sang, sa meilleure arme, pour venger son père.

Je dois l’avouer, Tougen Anki n’a pas immédiatement marqué des points avec moi comme avec le visionnage de Gachiakuta. L’originalité n’était pas autant au rendez-vous chez Tougen Anki à mon sens. La faute à un début un peu trop vu et revu (le héros qui assiste à la mort d’un parent dès le départ, un pouvoir maudit, une école intégrée par le héros…), mais aussi à la comparaison avec Jujutsu Kaisen que j’ai entendu quelques jours avant de me lancer dans le visionnage du premier épisode.

Et puis finalement… L’animé dévoile petit à petit des arguments solides et des idées novatrices à son tour. Le premier étant une CGI maîtrisée à la perfection et vraiment regardable pour les scènes d’action, (alors que je ne suis vraiment pas fan de la CGI, normalement !).

La CGI est notamment utilisée pour animer le sang, arme principale des protagonistes pendant les combats. Une idée originale à saluer et qui épate vraiment le spectateur dès la première scène d’affrontement, complètement renversante et surprenante.

L’autre atout de l’œuvre, c’est son point de vue, puisque la narration fait des membres du clan Oni les personnages centraux. Tout est donc suivi du point de vue des monstres sanguinaires, et pas du côté des Momotarô, qui sont sensés être les descendants du héros. Les lignes entre le bien et le mal sont donc brouillées, avec des méchants qui sont traités comme les gentils, et des gentils qui ont l’air sacrément douteux pour des personnes sensés faire le bien…

Ce point de vue inédit est aussi renforcé par le personnage principal, Shiki Ichinose, qui est un ancien voyou. Dès le premier épisode, on comprend que le protagoniste principal est une vraie teigne, un ado rebelle et insolent viré de son école qui n’hésite pas à se montrer cruel voire détestable avec son père adoptif, qui a pourtant tout risquer pour l’élever comme son propre fils. Il se montre même ultra insolent avec celui qui sera son professeur. Il est pourtant mis face à sa propre faiblesse et ses propres failles en atterrissant chez les Oni. Shiki ne comprend rien à la situation (comme les spectateurs, qui apprennent le fonctionnement au fur et à mesure, tout comme lui) et se révèle incapable de maîtriser et mobiliser son sang avec autant de talent que ses pairs. Mis à mal par le récit, le héros montre ses faiblesses dès le début, ce qui rend le récit immédiatement plus captivant et promet une évolution graduelle qualitative à l’avenir. Ses échecs et sa posture de débutant m’a d’ailleurs rappelée le traitement du personnage de Kafka Hibino, le héros trentenaire de Kaiju No.8, qui galère lui aussi et a des capacités nettement moins développées que ses camarades.

CGI mis à part, l’animation de Tougen Anki est vraiment agréable et nette. L’opening et l’ending, ultra colorés, sont de véritables bijoux. Même l’ending m’a scotché visuellement (U̶n̶ ̶e̶n̶d̶i̶n̶g̶ ̶d̶e̶ ̶d̶a̶n̶s̶e̶ ̶c̶o̶m̶m̶e̶ ̶J̶u̶j̶u̶t̶s̶u̶ ̶K̶a̶i̶s̶.̶.̶.̶.̶) avec des personnages en pleine choré filmée façon trend TikTok.

Pour finir, Tougen Anki brille également par son casting vocal cinq étoiles avec des seiyū pas du tout inconnus au bataillon… d’exploration (vous l’avez ?). Un choix qui en dit long sur la volonté du studio d’imposer Tougen Anki au rang de shonen de taille face à des piliers qui n’ont pas fini de nous éblouir (Demon Slayer, One Piece).

Au final, Tougen Anki est un shōnen qui apporte lui aussi un vent de fraicheur (bastons en CGI, traitement des héros, etc) qui a tout pour convaincre. On se surprend à attendre la suite de l’intrigue avec impatience, notamment avec des personnages secondaires aux capacités intrigantes qui ont tout l’air de sacrés énergumènes.

MON ANALYSE

Gachiakuta et Tougen Anki sont deux animés ultra-prometteurs qui apportent un vent de nouveauté dans l’univers des shōnen. Ils ont tous les deux réussi l’exploit de nous offrir de premiers épisodes époustouflants et vraiment marquants, aussi bien narrativement et visuellement. On ne peut qu’attendre la suite des aventures de Rudo et de Shiki avec impatience chaque semaine. Les critiques et premiers retours semblent placer Gachiakuta en légère supériorité face à Tougen Anki.

Même si Gachiakuta a été une vraie surprise dès les deux premiers épisodes avec son monde impitoyable et crasseux qui prend aux tripes, ma préférence penche désormais plus pour Tougen Anki et son récit peut-être un peu « traditionnel », avec des personnages plus attachants et un univers plus coloré et moins cruel.

Gachiakuta est diffusé sur Crunchyroll et ADN avec un nouvel épisode tous les dimanches. Tougen Anki est également diffusé sur Netflix, ADN et Crunchyroll tous les vendredis.

Emilie
emiliejuarez28@gmail.com

Mes réseaux :



GOKURAKU

GRATUIT
VOIR