
12 Juil Ayakashi : Légendes des cinq royaumes – Intégrale
Ayakashi : Légendes des cinq royaumes
Une uchronie en trois tomes que l’on doit à un duo français proposant un Japon féodal alternatif, inspiré de la mythologie japonaise. Cette trilogie est à retrouver dans le catalogue des éditions Glénat Manga.
INFOS
Série 🇫🇷 : Terminée (3 tomes)
Date de parution 🇫🇷 : 16/10/2024 (T3)
Prix : 7,90€ (T1 et 2) ; 10,95€ (T3)
Âge conseillé : 12+
MON RÉSUMÉ
En 1702, après une longue guerre civile, le Japon est divisé en cinq royaumes, tous dirigés par un clan.
Le clan Shimazu est le plus puissant et le seul à être capable de résister face à la menace des Ayakashi, de terribles créatures chimériques, grâce à son alliance avec les moines-guerriers du Temple de Sakurajima. C’est sur l’île de Kyushu que se situe Kagoshima, la clé de voûte de son royaume.
Hiro, malgré la perte de son bras gauche, est l’un des puissants moines-guerriers œuvrant pour repousser les Ayakashi grâce à sa maîtrise exceptionnelle du sabre.
Mais une rencontre prédestinée et une nouvelle menace pourraient bien faire basculer ce fragile équilibre…
Yue continue de tenter de convaincre Hiro de renoncer à l’utilisation du cina.
Le flashback se poursuit et l’on comprend la véritable nature d’Hiro et ce qui a brisé sa relation avec son père. Rongé par la culpabilité, il ne cesse de se mutiler dans l’espoir d’être accepté.
C’est Haitani, sensible à son histoire et au passé tout aussi tragique, qui lui a permis de tenir en gagnant progressivement sa confiance.
L’entraînement suivi par Hiro a été particulièrement spartiate, afin de contrôler au mieux ses émotions et de se racheter.
Après avoir découvert toute son histoire, Yue décide de lui venir en aide à sa façon.
Huit ans plus tard, on découvre le dénouement des événements survenus à Kagoshima et l’expérience d’Hiro pourrait bien permettre de sauver une nouvelle vie.
MON AVIS
Une trilogie française terminée en octobre 2024, alors que les premiers tomes dataient de 2016 et 2017. Cette longue attente s’explique notamment par les autres projets en cours de la dessinatrice VanRah, tels que Stray Dog et Mortician, dont plusieurs tomes sont sortis entre temps.
Pour ma part c’est une découverte de son travail puisque je n’avais pas encore eu le plaisir de lire l’une de ses séries jusqu’ici. Maintenant que je connais ses dessins, il est facile de reconnaître ses créations tant son style se démarque par des traits appuyés, des touches gothiques et des personnages aux regards hypnotiques. J’avoue que je suis fan !
Cette série est une uchronie et nous propose de plonger dans une version alternative du Japon au début du XVIIIème siècle. La mythologie japonaise y prend vie avec un mélange comprenant démons chimériques, moines guerriers et prêtresses. Le tout est interprété au sein d’un Japon féodal divisé en cinq royaumes, chacun sous la régence d’un clan. C’est donc un joli mélange entre historique et fantasy, dans une interprétation assez sombre et dramatique.
Si le premier tome laisse penser que l’on va aller vers une œuvre axée action et politique, la suite surprend en développant surtout le personnage principal à travers un long flashback sur son histoire familiale qui débute au tome 2 et s’étend sur l’essentiel du tome 3. Ce qui n’empêche pas d’avoir quelques séquences grandioses avec des Ayakashi (créatures chimériques) impressionnants ! Je m’inquiétais un peu de la fin, mais l’épilogue répond indirectement aux questions que l’on peut se poser, même s’il est frustrant de constater que ce qui semblait être l’histoire principale, ne l’est pas vraiment et devient relativement secondaire. Au final, on passe d’un tome 1 très intense, à deux tomes moins rythmés où l’on bascule vers une quête introspective d’Hiro.
Les personnages sont attachants, et il est plaisant de voir qu’ils sont bien développés. L’univers renferme un énorme potentiel, que ça soit sur le plan politique avec les différentes factions ou sur les mystères entourant les Ayakashi, ce qui aurait certainement pu permettre de prolonger la trame ou d’envisager une série dérivée. La narration est parfois dense, notamment durant les joutes verbales qui opposent les personnages. Hiro a du caractère et des relations complexes avec son entourage. Malgré les événements souvent dramatiques, ces joutes verbales sont l’occasion de jouer sur sa susceptibilité et d’apporter une dose d’humour pour alléger l’ensemble. Toutefois, malgré la qualité des répliques, certaines séquences m’ont semblé un brin longues, ce qui a amené quelques longueurs durant la lecture du troisième tome (qui en vaut facilement deux avec ses 448 pages).
❝ Me flatter ne fait que confirmer mon envie de vous virer d’ici manu militari, voire d’aller chercher une pelle pour vous enterrer dans les montagnes, où on ne vous retrouverait qu’une fois rongé par les vers. ❞
Une petite romance apporte tout de même un peu de douceur et une lueur d’espoir dans cette intrigue particulièrement sombre et dramatique. Si vous souhaitez vous lancer dans une série courte avec un univers riche, mettant en scène des créatures féroces, et un protagoniste portant les blessures d’un lourd passé, ce titre est pour vous !















